
...sur le veliblog...pour l'instant pas trop de temps pour le gérer mais ça va venir...
Un bon bout de l’Afrique de l’Ouest se réunit dans cette bourgade fluviale de Basse, Gambie : Nigérians, Maliens, Ivoiriens, Sénégalais, et bien sûr Gambiens. Les plus déroutants sont les Nigérians pleins aux As, qui racontent tranquillement leur voyage en Chine ou à Dubaï : ben oui, le commerce international n’est pas l’apanage des nantis du Nord. Ces Ouest Africains anglophones se promènent pour leurs petites affaires qui permettent aux motos de rouler dans la brousse. De nombreuses usines tournent au Nigeria (y compris pour produire des 504 Peugeot derniers cris), tandis que des containers de motos chinoises débarquent à bas prix. Faut bien aller voir ses partenaires, quand même.
Et effectivement en brousse, mieux vaut une moto qu’une voiture : on évite de réveiller les poules dans leurs nids, la réparation est bien plus aisée que celle d’une 505 déjà pourrie, on choisit quand on veut de quitter la piste pour les chemins détournés. Et ça, c’est bien utile quand on a un toubab sans visa dans son dos et qu’il faut ramener des pièces en contrebande de Gambie. A moins d’une heure de route, les pièces de rechange (carburateurs, volants magnétiques, pistons et autres clignotants et batteries…) nigériano-chinoises achetées dans la petite échoppe du jeune buisness-man nigérian au téléphone portable ultra moderne...ces pièces de rechanges donc…sont à moitié prix. Des soldes permanentes, qui peuvent reprendre quelques pourcents en cas de rencontre impromptue avec un douanier zélé… Autant prendre des pistes surtout que pour le toubab qui alourdi la deuxième roue, ce ne sera sûrement pas les soldes…
Cette lanière de Gambie, anglophone, fumeuse et reggaeteuse, dirigée par un tyran « capable de guérir le palu et le Sida » (rien que ça), est un haut lieu du commerce de la région. Au grès des variations du cours du dollar, des rapports de frais de douanes, de l’industrie chinoise donc du cours des matières premières, etc…les commerçants s’adaptent, téléphonent, négocient, risquent leur capital… Et ce, avec le mécanicien du village voisin ou l’industriel chinois. Bref, ici comme là-bas, de nombreux jeunes se jettent dans le commerce, la mécanique, hors de tout contrôle et fiers de leur réussite….La matinée fut riche.
Regardez le T shirt du gars, avec ça la Gambie est bien partie...